Quand on voit Tips en intervention, on pourrait se dire que c'est naturel. Un chien gentil, sociable, fait pour travailler en médiation animale. Pas du tout. Son parcours a commencé bien avant sa première séance. Il y a eu le choix du chien, le choix de la race, son tempérament, son éducation, sa formation. Et surtout tout le travail réalisé au quotidien, pensé pour qu'il soit chaque jour un vrai partenaire de séance, sans que son bien-être passe au second plan.
Tout commence avant même son arrivée
Quand j'ai commencé à construire mon projet, j'étais en formation. Je cherchais bien plus qu'un chien de compagnie qui pourrait m'accompagner au travail. Je cherchais un chien avec qui je pourrais former une véritable équipe.
Je me suis renseignée sur les races, mais Tips, le finnois de Laponie, je l'ai vraiment rencontré pendant ma formation. Plusieurs caractéristiques de cette race m'ont intéressée : sa proximité avec l'humain, ses capacités d'observation, un tempérament à la fois sociable et encore marqué par certaines caractéristiques dites primitives.
Ce dernier point était essentiel pour moi. Je ne cherchais pas un chien qui acceptait tout. Au contraire, je voulais un chien capable de communiquer quand une situation ne lui convient pas, de prendre de la distance, de me faire comprendre qu'il a besoin que ça s'arrête. Tips sait très bien le faire. Il sait dire non, pas avec des mots, mais avec son corps, ses déplacements, son regard, les petits signaux qu'il me donne. Cette qualité est essentielle chez un chien médiateur.
Choisir une race ne suffit pas, il faut choisir l'individu
Même au sein d'une race, chaque chien reste différent, comme chaque humain. Il était donc hors de question de choisir Tips sur une photo ou parce qu'il appartenait à une race que j'avais retenue.
J'ai d'abord recherché un élevage sérieux et un éleveur avec qui échanger sur mon projet. Puis je suis allée rencontrer Tips. L'objectif n'était pas de savoir s'il savait déjà faire quelque chose : il était encore très jeune. Je voulais observer son tempérament, sa façon d'entrer en relation, sa curiosité, ses réactions face à l'environnement, sa capacité à revenir vers l'humain, sa manière de gérer une situation nouvelle.
Un petit test m'a permis de conforter mon choix. Sans entrer dans les détails, j'ai utilisé le test de Campbell, un test comportemental réalisé chez le jeune chiot pour observer ses réactions face à différentes situations : le contact humain, la contrainte, la manipulation, le suivi de l'humain. Il donne des indications sur son tempérament à un instant donné. Il ne permet pas à lui seul de prédire un comportement futur. Ce n'est pas une garantie sur ce que deviendra le chien adulte, mais c'est un premier indicateur. Un futur chien de médiation ne se choisit pas uniquement pour son physique, sa race ou son côté attendrissant. Le tempérament individuel compte énormément.
D'abord l'éducation, pas la médiation
Une fois Tips choisi, on a préparé son arrivée à la maison. Et quand il était là, on a d'abord fait l'éducation. Nous n'avons pas commencé immédiatement à travailler la médiation. Il fallait construire des bases : la propreté, la marche, le rappel, les positions simples, l'attente, la gestion de la frustration, la découverte de nouveaux environnements. Mais surtout apprendre à vivre ensemble, à se comprendre.
Cette étape est fondamentale. Un chien, quoi qu'il arrive, médiation, assistance ou sauvetage, reste avant tout un chien avec des besoins, des émotions, des préférences et des limites. La relation entre nous devait se construire avec tout le reste.

Petit à petit, je lui ai fait découvrir différentes situations : des personnes, des bruits, des lieux, des environnements variés. Pas pour qu'il devienne un chien qui supporte tout, mais pour lui permettre de développer assez de sécurité et de repères pour évoluer sereinement dans différents contextes.

La formation spécifique à l'IFZ
Ensuite, c'était évident de poursuivre par l'apprentissage spécifique du chien médiateur. Tips a suivi une formation avec moi à l'Institut français de zoothérapie (IFZ). À ce stade, le travail devient beaucoup plus spécifique.
Un chien de médiation doit pouvoir comprendre certaines demandes, évoluer dans des environnements parfois inhabituels, attendre, se déplacer avec son humain ou avec d'autres humains, participer à différentes propositions et rester disponible sans être constamment sollicité. Il apprend aussi des exercices qui deviendront des supports de travail.
Car lorsque Tips va chercher une balle, choisit un objet, suit un parcours ou répond à une consigne pendant une séance, l'objectif n'est pas seulement de montrer ce qu'il sait faire. Ce comportement peut devenir un support pour travailler avec la personne accompagnée. L'exercice du chien n'est jamais une fin en soi : il prend son sens en fonction de l'objectif de la personne.

La formation ne s'arrête jamais
C'est sans doute l'un des points les moins visibles de mon métier : la formation ne s'arrête pas le jour où le chien commence à intervenir. Le travail continue en permanence. Aujourd'hui encore, Tips apprend de nouvelles choses. Nous entretenons les acquis, répétons certains exercices, et j'en introduis régulièrement de nouveaux selon les accompagnements que je souhaite proposer.
Quelques minutes de travail par jour suffisent. L'objectif n'est pas de transformer chaque journée en entraînement intensif. Au contraire, les séances doivent rester positives, adaptées à son état et suffisamment courtes pour conserver son envie de participer. Cet entraînement régulier maintient aussi notre communication. Je dois repérer très vite quand il est disponible et à l'aise, ou beaucoup moins.
Un chien de médiation ne doit pas tout accepter
Il faut vraiment être vigilant sur ce point. Un bon chien de médiation n'est pas un chien qui accepte qu'on le touche partout. Tips n'aime pas qu'on le mette sous contrainte ni qu'on le sollicite sans interruption. Il est plutôt tolérant et très proche de l'humain, mais tolérer ne veut pas dire apprécier.
Il peut détourner la tête, s'éloigner, modifier sa posture, rechercher la distance. Ces comportements font partie de son langage, et mon travail consiste à les entendre. Pendant une intervention, je ne suis pas attentive seulement aux personnes que j'accompagne. Je suis attentive à mes animaux. Je peux interrompre une interaction pour proposer autre chose, permettre à mes animaux de rejoindre leur espace de repos, ou décider qu'ils ne participeront pas à une partie de la séance. Le consentement et l'état de l'animal font partie intégrante de ma pratique.

Une équipe qui se construit dans le temps
Tips, Uxo et mes autres animaux ne sont pas devenus des animaux médiateurs le jour de leur première séance. Leur parcours est le résultat d'une succession de choix : une réflexion sur la race, la recherche d'un élevage, l'observation d'un tempérament, une éducation, la formation à l'IFZ et tout le travail réalisé depuis.
Mais il y a une chose qu'aucune formation ne peut créer à elle seule : la connaissance mutuelle entre le professionnel et son animal. Aujourd'hui, je connais mieux les forces, les préférences et les limites de Tips. Et lui connaît de mieux en mieux ma manière de travailler. C'est l'équipe que nous formons qui nous permet d'arriver en séance. Pas simplement une professionnelle accompagnée de ses animaux, mais un binôme construit, formé et observé en permanence, dans lequel le bien-être de l'animal reste aussi important que l'objectif d'accompagnement.

Basée à Vigny (57420), j'interviens à domicile et en structure à Metz, Thionville et dans toute la Moselle, ponctuellement jusqu'à Nancy. Un premier échange téléphonique est gratuit et sans engagement. La séance individuelle est à 60 € HT, déplacement inclus en Moselle ; les groupes et structures se font sur devis.